février 2, 2026

La jeunesse d’origine extra-européenne à Grenoble : une dynamique urbaine marquée et en progression

La carte de l’unité urbaine de Grenoble, fondée sur les données de 2017, met en évidence une présence significative des enfants immigrés ou enfants d’immigrés d’origine extra-européenne parmi les 0-18 ans. À cette date, la moyenne de l’unité urbaine atteint environ 24 %, soit un niveau comparable à celui de Marseille et supérieur à celui de nombreuses autres villes françaises hors Île-de-France. Cette moyenne élevée doit cependant être analysée à travers deux prismes essentiels : la forte polarisation territoriale propre à l’agglomération grenobloise et la dimension générationnelle, puisque ces jeunes sont majoritairement nés autour de 2008.

Une géographie urbaine très contrastée

La ville de Grenoble concentre les proportions les plus élevées. Plusieurs secteurs du centre et du sud de la commune apparaissent dans les classes 30 à 40 %, voire 40 à 50 % localement. Ces quartiers, caractérisés par une forte densité de logements collectifs et une présence importante du parc social, accueillent une population jeune et socialement diverse. Pour les enfants nés vers 2008, ces territoires ont constitué un environnement marqué par une grande mixité culturelle, mais aussi par des conditions socio-économiques souvent plus fragiles que la moyenne nationale.

À l’inverse, les communes de la couronne extérieure — Voiron, certaines zones du Grésivaudan, ou les communes plus éloignées vers la Chartreuse — affichent des niveaux beaucoup plus faibles, souvent inférieurs à 10 %, parfois même proches de 0 à 10 %. Ces territoires, plus résidentiels et souvent plus âgés démographiquement, accueillent peu de familles issues des flux migratoires récents, ce qui limite mécaniquement la présence de jeunes d’origine extra-européenne.

Entre ces deux pôles, la première couronne grenobloise (Échirolles, Eybens, Fontaine, Saint-Martin-d’Hères) se situe fréquemment dans des classes intermédiaires, 20 à 30 %, traduisant un profil social mixte mais déjà fortement marqué par les dynamiques migratoires contemporaines.

L’effet générationnel : des jeunes nés autour de 2008

Les enfants observés en 2017 avaient en moyenne 9 ans, ce qui renvoie directement à des naissances autour de 2008. À cette époque, la part nationale des naissances d’origine extra-européenne s’élevait à 24,8 %. En 2023, cette proportion atteint 30,3 %, soit une augmentation de plus de 5 points en quinze ans.

Autrement dit, la génération cartographiée à Grenoble correspond à une cohorte déjà fortement marquée par la diversité, mais qui n’intègre pas encore pleinement la hausse récente observée au niveau national.

Une augmentation très probable depuis 2017

Si l’agglomération grenobloise a suivi une trajectoire similaire à celle du pays — ce qui est probable compte tenu de son attractivité universitaire, économique et migratoire — alors la part des jeunes d’origine extra-européenne a nettement progressé depuis 2017. Les quartiers déjà situés au-delà de 30 % ont très probablement vu ces proportions augmenter avec l’arrivée de générations plus récentes. Même les communes de première couronne, initialement intermédiaires, sont concernées par ce mouvement de fond.

Conclusion

La jeunesse grenobloise d’origine extra-européenne constitue aujourd’hui un élément central de la structure démographique locale. La génération née autour de 2008 en offre une photographie déjà avancée, mais partielle. Les données nationales montrent que les cohortes suivantes sont encore plus concernées. À Grenoble, ville jeune, universitaire et historiquement ouverte, cette dynamique ne relève pas de l’exception, mais bien d’une transformation durable de sa population.

Lien : https://france-vigilante.fr/

 : https://www.youtube.com/@ChristopheBugeau

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